Transdev : une centaine de salariés en grève dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail

Il y a 2 jours 14

Une centaine de personnes ont manifesté ce mardi devant le siège du conseil régional d'Île-de-France à Saint-Ouen et des dizaines d'autres ont bloqué le dépôt Francilien de Lieusaint, en Seine et Marne. Ils dénoncent la dégradation des conditions de travail liée à l'ouverture à la concurrence de lignes de bus désormais opérées par Transdev.

Près d'un conducteur sur deux était en grève ce mardi : 46% dans le secteur de Sénart, 45% dans celui de Melun, 57% à Vulaines, selon la direction de Transdev.

"On est là pour les conditions de travail, pour dire non à la concurrence", a déclaré une syndicaliste de Transdev devant les manifestants, dont des grévistes de Seine-et-Marne, des agents RATP, des cheminots de la SNCF, des militants Solidaires, SUD-Rail, Unsa, CGT et CFDT.

En grève depuis deux semaines, les salariés de Transdev de la région de Melun dénoncent aussi des pertes de rémunération. Ils protestent contre un "accord socle" lié au nouveau contrat de transport par autobus conclu entre leur entreprise et la région Île-de-France à l'issue d'un appel d'offres remporté par Transdev dans le cadre de l'ouverture à la concurrence du réseau Optile (bus de moyenne et grande couronne), effective cette année. 

Selon patricia, gréviste, cet accord socle est "totalement en désavantage pour le personnel : auparavant, on était à 39 heures payées 39 et on avait 22 jours de RTT. Maintenant, on est à 37 heures et on nous a retiré 11 jours de RTT". Autre perte pour les salariés : les chèques vacances sont passés "de 750 euros par an à 250 euros" ajoute cette salariée de 48 ans.

Dès la prise de service, on est sous tension

Freddy, conducteur de bus "depuis 15 ans dans le groupe", déplore un "allongement du temps de travail passé au volant", tandis que celui alloué aux "prises de service" (notamment pour vérifier le véhicule) a été réduit, passant "de 20 minutes à 10 minutes". "Dès la prise de service, on est sous tension", critique-t-il. "Avant, quand j'avais un service de 7 heures, je travaillais deux heures de plus, ça me faisait deux heures supplémentaires. Maintenant, avec des semaines de 42, 43, 45 heures, je n'ai plus envie de travailler plus. Tout a été fait pour geler nos salaires", accuse le salarié de 42 ans, qui craint de "ne plus pouvoir partir en vacances". "Réellement, j'aime mon métier mais pour la première fois depuis 15 ans, je pense à une reconversion", confie-t-il.

Avec AFP

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