Seize ans après sa fermeture, voilà la renaissance de la Samaritaine !

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C’est par le 9, rue de la Monnaie (Ier) que l’entrée dans la nouvelle Samaritaine, totalement rénovée, marquera les visiteurs. Une fois passées les portes de verre, les anciens habitués du magasin qui a longtemps été le préféré des Parisiens devraient être émerveillés par l’escalier remis en scène et rehaussé de feuilles d’or et par sa fresque des Paons, située juste sous la verrière. « Ils seront peut-être un peu étonnés la première fois. La curiosité va faire qu’ils vont pousser la porte et je pense qu’au bout du compte, ils ne vont pas être déçus. Je relève le défi », lance Eléonore de Boysson, président de DFS Europe et chef d’orchestre de cette renaissance pour sa partie commerciale. Un savoir-faire reconnu par Emmanuel Macron qui a salué la renaissance d’un « trésor patrimonial français », lors de l’inauguration des lieux, ce lundi matin, en présence de Bernard Arnault, le PDG du groupe LVMH (propriétaire du « Parisien »).

L’atout de la localisation

Longtemps considérée comme le plus ancien grand magasin de Paris, la Samaritaine a été créée par Ernest Cognacq. Il s’est installé dans le quartier en 1870, rapidement rejoint par sa femme Marie-Louise Jaÿ. Déjà, l’atout de la localisation, entre Pont Neuf et le Louvre, est bien compris : ils achètent boutique après boutique pour édifier en 1910 le bâtiment Art Nouveau signé Frantz Jourdain en charpentes métalliques. Puis, côté Seine, en 1928, le bâtiment Art Déco conçu par Henri Sauvage. La Samaritaine est alors incontournable avec ses quatre bâtiments et ses 80 000 m2 de surfaces commerciales. Elle le restera jusque dans les années 1970. Mais avec la fermeture des Halles, le magasin connaît un inexorable déclin. Jusqu’à sa fermeture, par mesure de sécurité et par décision préfectorale, en 2005, et ce malgré son rachat, quatre ans auparavant, par le groupe LVMH (Propriétaire du « Parisien »).

La Samaritaine (Paris Ier), le 15 juin. Après un chantier à 750 millions d'euros, la Samaritaine est enfin prête à rouvrir.

La Samaritaine (Paris Ier), le 15 juin. Après un chantier à 750 millions d'euros, la Samaritaine est enfin prête à rouvrir. Milla Morisson

« Il faut se projeter dans l’avenir avec la richesse du passé. On a hérité d’un bâtiment qui posait de vrais problèmes de sécurité et il n’était pas facile à restructurer. En réalité, la Samaritaine d’antan n’était déjà plus depuis longtemps et était donc en partie fantasmée », souligne Jean-Jacques Guiony, président-directeur général de la Samaritaine. « On a regardé devant, en faisant un projet mixte : grand magasin, logements, bureaux et l’hôtel. Avec une ambition architecturale : on rénovait avec beaucoup de soin ce qui était classé monument historique et on reconstruisait la partie Rivoli pour avoir un témoignage architectural fort du XXIe siècle et une fonctionnalité évidente », ajoute-t-il avec la casquette du maître d’ouvrage de cette vaste opération de transformation.

Elle aura duré seize ans, à la fois pour convaincre la mairie de la viabilité du projet, le défendre contre les recours des associations de défense du patrimoine. Puis cinq années d’un vaste chantier à 750 millions d’euros dont on voit aujourd’hui le résultat. Enfin, il aura fallu plus d’une dernière année de patience du fait des différents confinements.

Fermée depuis 2005, la Samaritaine a fait peau neuve.

Fermée depuis 2005, la Samaritaine a fait peau neuve. LP/Milla Morisson

600 marques sur 20 000 mètres carrés

La verrière ondulée de la rue de Rivoli restera sans doute encore longtemps, pour son choix esthétique, un sujet de débat. « On a fait un geste architectural extrêmement fort. Aujourd’hui, quand vous vous promenez devenant cette façade, que je trouve extraordinaire par elle-même, on voit onduler le reflet des immeubles en face, c’est une réussite totale », assume Jean-Jacques Guiony.

Quant au contenu du magasin, le choix est aussi affirmé. « Nous avons voulu insuffler dans cette nouvelle Samaritaine un esprit parisien et célébrer l’art de vivre à la française », s’enthousiasme Eléonore de Boysson. « Oui, naturellement, nous avons toutes les marques internationales de luxe. Tant mieux. Mais nous proposons aussi une offre avec les créateurs du moment, des produits que l’on a spécialement sélectionnés pour nos clients, notamment dans le concept store Rivoli, avec du sportswear et du street-wear, toujours à la recherche des dernières tendances ». Plus de 600 marques sont rassemblées sur 20 000 m2 d’espaces lumineux, où toutes les ouvertures ont été retrouvées avec de nouvelles verrières ouvertes dans la partie contemporaine.

Étonnés ? Les habitués de l’ancienne Samaritaine le seront sans aucun doute. « Mais notre ambition est que les Parisiens soient à nouveau fiers de ce grand magasin et se le réapproprient », insiste Eléonore de Boysson, assurant avoir toujours eu le souci de proposer des produits à des prix abordables.

"Nous avons voulu insuffler dans cette nouvelle Samaritaine un esprit parisien et célébrer l’art de vivre à la française », s’enthousiasme Eléonore de Boysson, en charge de la rénovation du grand magasin.

"Nous avons voulu insuffler dans cette nouvelle Samaritaine un esprit parisien et célébrer l’art de vivre à la française », s’enthousiasme Eléonore de Boysson, en charge de la rénovation du grand magasin. LP/Milla Morisson

« La joie de nos vendeurs en marinière et baskets jouera »

« Nous avons créé un lieu de vie pour que la visite du Parisien comme du futur touriste soit une promenade ponctuée de surprises par de nombreuses animations éphémères, de découvertes avec pas moins de douze points de restauration. La fierté, la joie de nos vendeurs en marinière et baskets jouera pour beaucoup. Toutes les facettes sont réunies pour que la Samaritaine soit vraiment unique et riche de la créativité de son esprit d’autrefois. »

Du fait de dernières restrictions sanitaires, l’accueil des voyageurs étrangers se fera encore attendre. Les Parisiens en profiteront pour découvrir les lieux. L’hôtel Cheval-Blanc, lui, n’ouvrira que le 7 septembre. Mais déjà, pas moins de 1 500 emplois ont été créés… dont une dizaine d’anciens de la Samar, qui pourraient retrouver un poste entre Seine et Rivoli.

La Samaritaine, 9, rue de la Monnaie (1er) et rue de Rivoli. Ouvert de 10 heures à 20 heures 7 jours sur 7.

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