Paris : Ce banc se rafraîchit dès que la température dépasse 25 degrés

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Quand la température monte à Paris, une pause fraîcheur est possible sur un banc du 13 e arrondissement. En pierre lisse, de forme allongée, avec une légère courbe, ce «  banc climatique » détourne l’air des carrières parisiennes sous la surface pour se rafraîchir selon le principe de puits provençal. « La pierre reste donc fraîche en toutes circonstances », explique Frédéric Blaise, un des architectes de l’agence Alt qui a travaillé sur le projet avec Guillaume Duranel, Julia Lenoir et les designers Emma Lelong et Rémi Nguyen.

Il poursuit : « La technique du puits provençal existe depuis des milliers d’années. En construction, au-delà de 30 centimètres de profondeur, il n’y a plus de variation de température : on reste à une température constante entre 12 ou 14 degrés. À l’aide d’un système de ventilation intégré au banc, on rafraîchit naturellement l’espace public en reliant cet air à 14 degrés avec la surface. »

« La première fois que ces carrières sont perçues comme un atout »

Installé le 1er juin 30, place Jeanne-d’Arc, et est expérimenté jusqu’au 15 septembre, le banc est placé sur un tampon de voirie ouvert sur une carrière en profondeur. Au-delà de 25 degrés, une sonde active le mécanisme permettant la ventilation qui traverse les fentes visibles sur ses côtés. Ce projet a été créé dans le cadre du programme FAIRE du  Pavillon de l’Arsenal, dont l’une des missions est de sensibiliser à la fabrique de la ville.

Conçu en partenariat avec Climespace, l’inspection générale des carrières parisiennes et « Air des carrières », le prototype fait déjà des intéressés. « Après le concours, nous avons été contactés par d’autres mairies, détaille Frédéric Blaise. Mais le projet n’est pas possible partout : il faut qu’il y ait une carrière en dessous. » Les 13e et 14e sont deux arrondissements éligibles, étant situées au-dessus de carrières. « C’est la première fois que ces carrières sont perçues comme un atout, elles qui paraissaient habituellement être des contraintes. »

Même par temps chaud, comme cette semaine à Paris, le banc est concurrencé par les marches de l’église Notre-Dame-de-la-Gare dont les murs se dressent devant le dispositif en pierre. Suzanne, artiste allemande expatriée à Paris, en a fait son lieu de croquis, le temps de quelques heures. « L’idée est pas mal, sourit-elle un posca jaune à la main. Mais je l’aurais fait plus grand, moins mince. »

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