Nanterre : la précarité étudiante reste forte, alors que les universités reviennent peu à peu à la normale

Il y a 2 jours 13

Depuis début septembre, les campus des universités françaises s'animent de nouveau. C'est le cas par exemple à Nanterre (Hauts-de-Seine). Les cours reprennent sans distanciation sociale, sauf exceptions locales, comme le précisent les règles du ministère de l'Enseignement supérieur. Les étudiants doivent tout de même garder les masques et respecter les gestes-barrière. Si l'on ne compte pas ces deux obligations, c'est quasiment un retour à une vie scolaire normale. Sauf que cette crise sanitaire, toujours en cours, a encore des répercussions financières sur les étudiants. 

Qualité de vie en baisse

C'est par exemple l'histoire de Sophie*, 20 ans. Elle est étudiante en deuxième année de psychologie, à l'université de Nanterre (Hauts-de-Seine). La jeune femme est originaire de Guadeloupe. Elle est boursière. C'est-à-dire qu'elle reçoit de l'argent versé par l'université, pour subvenir à ses besoins, et notamment à ses études. Hélas, les sommes deviennent de moins en moins suffisantes pour elle, à cause de la crise sanitaire, surtout en cette rentrée. 

"J'ai remarqué que la même somme de bourse et le train de vie que j'avais jusqu'ici m'allaient très bien, mais avec tout ce qui s'est passé : j'ai remarqué que mes dépenses avaient beaucoup augmenté", dit Sophie. Les sommes à payer deviennent très importantes, la jeune femme doit donc trouver de l'aide. L'année dernière, elle a dû recourir à une solution radicale. "J'ai dû rentrer en Guadeloupe, chez mes parents, car j'avais des soucis financiers. Je n'en suis revenue que quelques jours avant cette rentrée", se rappelle la jeune étudiante.

Précarité étudiante

Dans le détail, les dépenses essentielles posent problème pour Sophie. Même pour se nourrir. "J'ai dû faire des achats supplémentaires, participer aussi à des distributions alimentaires organisées par la résidence étudiante de Nanterre", indique-t-elle. Côté hygiène, elle éprouve des difficultés semblables. "Tout ce qui me faut, en tant que jeune femme, les protections périodiques par exemple, sont parfois hors de prix", explique Sophie. Pour ce qui est des transports, elle se déplace moins ces derniers mois, alors que le prix de son abonnement n'a pas bougé : "Je paie 38 euros pour la carte Imagin'R étudiant. C'est une dépense inutile, vu que je me déplace beaucoup moins, ces derniers temps". 

Le cas de Sophie n'est pas isolé, en cette rentrée. Les chiffres les plus récents de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) indiquent que "20,8% des étudiants sont sous le seuil de pauvreté", en France.

* Son prénom a été modifié. 

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