Le maire de Colombes jugé pour avoir comparé les forces de l’ordre à la police de Vichy

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Patrick Chaimovitch comparaît pour son discours sur la commémoration du Vel d'Hiv

Patrick Chaimovitch comparaît pour son discours sur la commémoration du Vel d'Hiv — ISA HARSIN/SIPA
Le 19 juillet, le maire de Colombes a comparé dans un discours, les policiers de Vichy impliqués dans la rafle du Vel d’Hiv' à ceux d’aujourd’hui qui « traquent les migrants ». Après les avoir un temps assumé, Patrick Chaimovitch a regretté la confusion créée par ses propos. L’édile encourt 12.000 euros d’amende.

Lui-même a reconnu une « maladresse » et « regretté que [son] propos ait pu porter à confusion ». Des excuses qui n’empêcheront pas Patrick Chaimovitch, le maire écologiste de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, de comparaître mardi après-midi devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre pour « injure publique envers un corps constitué, un fonctionnaire, un dépositaire de l’autorité ou un citoyen chargé d’un service public par parole ». Le procès qui devait se tenir en décembre avait été renvoyé en raison de l’agenda de l’édile. « Il devrait être présent malgré un programme très chargé », assure-t-on cette fois au sein de son cabinet.

Retour le 19 juillet. Ce jour-là, le maire tout juste élu commémore le 78e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, au cours de laquelle 13.000 Juifs ont été arrêtés à leur domicile par des policiers et gendarmes français puis livrés à l’Allemagne nazie. C’est au cours de ce discours, relativement policé et classique par ailleurs, que Patrick Chaimovitch compare les forces de l’ordre à la police de Vichy. « Les policiers français, les gendarmes français qui ont obéi aux ordres de leurs supérieurs en mettant en œuvre la rafle du Vel d’Hiv […] sont les ancêtres de ceux qui aujourd’hui, avec le même zèle, traquent les migrants, les sans-papiers, les déboutés des droits humains, ces êtres vivants qui essaient de survivre dans le dénuement. »

Un tollé à gauche comme à droite

Rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, la séquence a provoqué l’indignation, tant à gauche qu’à droite. « Comparaison insensée et scandaleuse », selon Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, « un amalgame et une double faute » aux yeux du chef du PS, Olivier Faure qui précise que « la police ne renvoie pas les migrants vers les chambres à gaz mais dans leur pays d’origine ». Le lendemain de son discours, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé avoir porté plainte contre Patrick Chaimovitch, qui encourt jusqu’à 12.000 euros d’amende.

Ce dernier, après avoir réitéré ses propos sur Twitter, assumant « faire le lien » entre ces déportations pendant la Seconde Guerre mondiale et « les migrants pourchassés partout en Europe parce qu’ils sont différents » a finalement fait marche arrière et rappelé son soutien aux forces de l’ordre qui « qui exercent la lourde responsabilité républicaine de sécurité dans des conditions extrêmement difficiles ». Il devra s’en expliquer ce mardi.

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