Justice : peine clémente pour l'infirmière qui avait lancé des projectiles sur les forces de l'ordre à Paris

Il y a 2 jours 12

Elle se dit "heureuse" et "soulagée" alors que deux mois de prison avec sursis avaient été requis. "La justice reconnaît notre souffrance, et a entendu notre exaspération", a t-'elle déclaré. Son avocat Arié Alimi se dit lui "satisfait".

Farida C. , 51 ans, est reconnue coupable d'avoir porté atteinte à la dignité ou au respect de personne dépositaire de l'autorité publique et d'avoir commis des violences volontaires n'ayant pas entraîné d'ITT sur les forces de l'ordre, mais elle est relaxée des faits d'outrages et d'avoir opposé une résistance violente à son interpellation.

L'infirmière a été condamnée pour des "doigts d'honneur" et des "violences n'ayant pas entraîné d'incapacité temporaire de travail" contre plusieurs dépositaires de l'autorité publique. Cependant cette condamnation ne sera pas inscrite à son casier judiciaire qui reste donc vierge,  ce qui doit lui permettre de passer un concours pour pouvoir évoluer au sein de l'AP-HP.

. . © Maxppp - Olivier Corsan

Elle devra verser 100 et 200 euros de dommages et intérêts à deux policiers, parties civiles au dossier, pour le préjudice moral subi.

La soignante a en revanche été relaxée des chefs de "résistance violente" et "outrages".
Une décision "inespérée", a commenté son avocat Arié Alimi.

Son procès le 22 février dernier avait été marqué par la mobilisation de dizaines de soutien, à l'intérieur comme à l'extérieur du tribunal de Paris. 

Il faut lutter ensemble pour sauver le service public

"Il faut lutter ensemble pour sauver le service public et non pas toute seule, ce n'était pas très efficace", a-t-elle concédé, parlant de gestes "qui n'étaient pas prémédités". "Mais quand vous êtes en colère, vous ne réfléchissez pas à ce que vous faites", a-t-elle ajouté, estimant avoir "été contaminée par la violence de la police" ce jour-là.

Manifestation des personnels soignants a Paris en Juin 2020Manifestation des personnels soignants a Paris en Juin 2020 © Maxppp - Luc Nobout

La mère de famille, qui travaillait alors à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne), avait été interpellée le 16 juin 2020 quelques minutes après avoir jeté des projectiles et fait des doigts d'honneur en direction des forces de l'ordre, sur fond d'échauffourées à l'arrivée du cortège de soignants sur l'esplanade des Invalides à Paris.
C'était trois mois après le début de l'épidémie de Covid-19. "J'étais exténuée, j'avais perdu la moitié de mes patients, ce n'est pas contre la police que j'ai jeté le bitume, c'était symbolique", avait argué la prévenue à la barre.

Relayées à l'époque sur les réseaux sociaux, des vidéos de la scène avaient été diffusées à l'audience. On y voit l'infirmière en blouse blanche en train de jeter des projectiles en direction des forces de l'ordre, avant d'être arrêtée sans ménagement.
On l'entend notamment implorer plusieurs fois les policiers: "donnez moi ma ventoline, je suis asthmatique". Des images qui avaient suscité la colère de l'opposition de gauche et contraint l'exécutif à monter au créneau pour défendre l'action des forces de l'ordre. Une plainte avait été déposée auprès de l'IGPN.

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