Fête de la musique : les artistes heureux de pouvoir à nouveau «faire kiffer les gens»

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Enfin ! Après un an de privation, ils vont pouvoir sortir les grosses caisses, faire résonner les riffs de leurs guitares, chanter à tue-tête devant un public. Et ce même si cette 39e édition de la Fête de la musique ne sera pas tout à fait comme les autres : pas question de squatter un bout de trottoir, masque obligatoire pour les rassemblements et jauge réduite pour les concerts en intérieur. Mais peu importe, le plaisir de jouer sera là.

Au Cabaret Sauvage, les artistes se succéderont sur scène de 17h30 à 1 heure du matin. Le set du label Cracki Records, les textes habités de Dirtsa, les mélodies à la fois pop et trap de Poupie, les effluves électroniques d’Hôtel Radio Paris et leur invité surprise… Cette année encore, le Pernod Ricard Live Music réserve une programmation éclectique composée de jeunes talents et d’artistes confirmés aux multiples influences. « Nous les choisissons car leur univers musical colle à l’identité et aux valeurs de musique populaire que l’on veut transmettre », affirme Maxence Rosset, directeur artistique de l’événement.

« L’an dernier nous étions 15, cette année nous serons 600 »

Si les conditions sanitaires ont provoqué de multiples contraintes organisationnelles, les équipes se réjouissent des dernières annonces gouvernementales. Six par table avec une entrée obligatoire avant 18 heures, dans le respect des règles sanitaires mais sans masque et sans couvre-feu ! « Il y a quelques années, nous étions 20 000, l’an dernier nous étions 15, cette année nous serons 600, l’organisation est différente mais c’est stimulant, ça nous permet de repenser nos événements et d’être plus créatifs », poursuit Maxence Rosset. Des conditions optimales pour fêter la musique et un retour à la vie normale !

Dirtsa, la lauréate du prix de la Société Pernod Ricard France Live Music cette année, figure en tête d’affiche. Bercée par de multiples influences allant du hip-hop des années 2000 à la musique traditionnelle camerounaise, en passant par la Diva aux pieds nus Cesaria Evora, cette jeune artiste de 23 ans aura à cœur de faire ce qu’elle sait faire de mieux : chanter. « J’ai hâte de me produire sur scène. C’est un espace où je peux m’évader et où je peux prendre énormément de plaisir, peu importe l’appréhension, j’attends beaucoup de cet échange humain qui nous a tant manqué », conclut-elle.

« Malgré tout, c’est cool de pouvoir faire quelque chose »

À Cergy (Val-d’Oise), on a aussi réduit la voilure, mais le plaisir sera là. Les responsables de l’association La Ruche ont dû se résigner à renoncer à l’Axe majeur, où ils accueillent habituellement environ 1 500 spectateurs, aux pieds des douze colonnes. Crise sanitaire oblige, ils organisent leur traditionnel « Cergy Warm up » de la Fête de la musique dans la cour de l’école de la Lanterne, avec une jauge réduite à 100 personnes, à partir de 18 heures.

« Ce n’est pas du tout la même chose, souffle Hugues Bellego, directeur de La Ruche. On s’apprête malheureusement à refuser du monde. Mais ça fait un an et demi qu’on vit comme ça partout dans le monde. Malgré tout, c’est cool de pouvoir faire quelque chose. Nous sommes très contents. Notre dernier événement, c’était une scène ouverte en octobre. »

Ce qui ne change pas, c’est la programmation éclectique, avec notamment des DJ, un tremplin dédié aux lycéens, les rappeurs Vova et Discré, ou encore la fanfare funk FunkyMuppets. Et le plaisir de se retrouver, incarné notamment par les huit musiciens de FunkyMuppets. « On est super contents de refaire un truc ensemble, savoure Bertrand Thébault, l’un des membres de la fanfare. La Fête de la musique, c’est le moment incontournable de l’année pour un musicien passionné. C’est LE rendez-vous. On se fait plaisir. »

Et l’événement a un goût particulier pour ces amis, privés de concert depuis septembre dernier. « Tous les événements se sont annulés les uns après les autres, raconte Bertrand. Pendant le confinement, tout le monde a un peu joué dans son coin. Nous n’avions plus accès aux salles de répétition. Pendant six mois, on ne s’est pas du tout vu. »

« Ce qui nous anime, c’est la vibration, sourire… On adore jouer ensemble »

Les plates-formes numériques ont bien permis de mettre en place des répétitions en distance, mais l’émotion n’est pas la même. « On a fait deux expériences, histoire de s’amuser et de tenir le lien, mais c’est un peu poussif, souffle le saxophoniste. Ce qu’on aime, c’est la musique en live. Ce qui nous anime, c’est la vibration, sourire… On adore jouer ensemble. »

Depuis le déconfinement, ces musiciens à l’énergie communicative ont pu se retrouver pour répéter en extérieur, masqués et à distance. Ce jeudi, la fanfare habituée des reprises de standards de funk a même pu reprendre le chemin des studios de Mains d’œuvres, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), où elle répète habituellement les standards de Kool and the Gang, Stevie Wonder ou Maceo Parker. En attendant de retrouver le public. « On est là pour créer des sourires, faire bouger les bassins, faire kiffer les gens, résume Bertrand. Ce qui nous plaît, c’est le partage. »

Open air au Cabaret Sauvage, 59, boulevard Macdonald (XIXe), de 17h30 à 1 heure du matin. Billetterie en ligne. « Cergy Warm up », gratuit mais réservation obligatoire en ligne : https://www.weezevent.com/cergy-warm-up-by-la-ruche-fete-de-la-musique-2021

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