Elections régionales : Valérie Pécresse veut séduire les abstentionnistes et... les Marcheurs

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« C’est à la fin du marché que l’on compte les bouses. Nous ne sommes absolument pas sûrs de gagner. Alors, pour éviter de tomber de l’armoire dimanche soir prochain, il faut se mobiliser. » Jean-Didier Berger, le directeur de campagne de Valérie Pécresse (Libres !) et maire de Clamart (Hauts-de-Seine), plante immédiatement le décor quand on l’interroge sur le réservoir de voix dont peut bénéficier sa protégée pour s’imposer au second tour de ces élections régionales.

« La gauche extrême »

L’équation est à plusieurs inconnues pour la majorité sortante (34,7 %). L’union de la gauche, si on comptabilise les scores de Clémentine Autain (10,2 %), Audrey Pulvar (11,3 %) et Julien Bayou (13,6 %), soit environ 35 %, serait en passe de revenir aux affaires après la défaite de Jean-Paul Huchon en 2015. Alors comment faire pour résister à cette poussée venue de la gauche de l’échiquier et s’assurer de repartir pour un nouveau bail à la tête des 12,2 millions de Franciliens ?

En premier lieu en tirant à boulets rouges sur ses adversaires. « Cette gauche-là n’est pas celle de Huchon mais celle des réunions racisées d’Audrey Pulvar, assène encore Jean-Didier Berger. Les électeurs ne doivent pas se tromper. Au premier tour, ils ont choisi, au second, ils doivent éliminer. » Autrement dit, ils doivent arrêter de jouer avec leur bulletin et voter utile, entendez voter Valérie Pécresse. « Le second tour, c’est un duel entre la présidente sortante et la gauche extrême et pas une quadrangulaire. Ce n’est rien d’autre. Après, nous devons aussi convaincre les abstentionnistes de se déplacer car elle n’a pas fait le plein de voix de son électorat », conclut son directeur de campagne.

Le son de cloche est identique du côté de la maire du IXe arrondissement, Delphine Bürkli (DVD). « Valérie Pécresse est la seule à pouvoir affronter ce monde post-Covid. Mais on a besoin des électeurs de LREM (NDLR : 11,7 %) pour faire barrage aux extrêmes à gauche comme à droite. On ne peut pas donner les clés de la région à La France insoumise et ses discours de radicalité », souligne avec calme l’élue parisienne.

Mobiliser les militants

Aller chasser sur les terres des Marcheurs est donc un véritable objectif pour cette semaine qui va mener la présidente sortante et ses équipes vers les urnes. « LREM est une force d’appoint pour faire perdre la droite. C’est pour cela qu’ils se maintiennent. Emmanuel Macron a déjà déconstruit la gauche, maintenant il veut faire de même avec la droite. À Paris, lors des municipales, ils ont maintenu Agnès Buzyn pour faire perdre la droite », analyse pour sa part Agnès Evren la présidente de la fédération LR de Paris. Et d’enchaîner : « Voter RN ou LREM serait simplement voter pour la gauche. »

Mais si récupérer des voix ici ou là est important, la stratégie primordiale sera sans nul doute de mobiliser les Franciliens. « Nous devons à tout prix mobiliser non seulement notre électorat mais aussi les Franciliens. Il faut voter. On parle quand même de la région capitale », enfonce Delphine Bürkli. Bilan, cette semaine Valérie Pécresse et ses équipes vont arpenter le pavé et la campagne pour séduire les électeurs qui ont boudé les urnes. Tractage dans les rues, documents dans les boîtes aux lettres et grand meeting au Cirque d’Hiver ce jeudi soir sont les ingrédients choisis par la droite pour s’imposer dimanche prochain. Ils ont également décidé de mobiliser toutes les fédérations LR pour qu’elles écrivent aux militants afin de leur rappeler l’importance d’effectuer son devoir civique tout en mettant en avant… la possibilité de faire des procurations.

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