Comment ont été dépensés les 9 millions d’euros du plan crack à Paris ?

Il y a 1 semaine 13

Comment ont été investies les sommes allouées au plan crack de Paris ? Quels sont les résultats des mesures mises en œuvre depuis 2019 par ses différents acteurs ? Alors que l’efficacité de ce programme triennal doté de 9 millions d’euros est contestée de toutes parts, placée sous une lumière crue après la révolte des riverains de Stalingrad (XIXe) et l’installation officielle des toxicomanes dans les jardins d’Eole (XVIIIe) depuis le mois de mai, la Chambre régionale des comptes (CRC) et la Cour des comptes ont décidé de déclencher une enquête conjointe, confiée à deux magistrats.

Voici quelques jours, les signataires de ce plan inédit, parmi lesquels les préfectures d’Ile-de-France et de police, la Ville de Paris, l’Agence régionale de santé (ARS) et la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, se sont vu notifier l’ouverture d’une enquête « rapide », selon la Cour des comptes, « dans le cadre de la procédure dite de l’audit-flash, tout récemment prévue par la loi ». Elle a pour but, « dans des délais réduits, d’examiner les conditions d’élaboration du plan, le mode de coordination de la mise en œuvre des 33 actions prévues, leur suivi et leurs résultats ».

« L’efficacité du plan crack fait débat »

Un rapport jugeant de l’utilisation faite des fonds publics sera ensuite rédigé et porté à la connaissance de tous. Car la Cour des comptes le souligne : « Depuis plusieurs années, des regroupements de toxicomanes sont observés régulièrement dans certains quartiers des XVIIIe et XIXe arrondissements de Paris et posent un épineux problème, d’abord d’ordre sanitaire et social, mais aussi de sécurité et de tranquillité publique. Et l’efficacité du plan crack fait débat. »

Comment a été dépensé l’argent du plan triennal qui entre dans sa dernière année ? C’est ce que veulent savoir le député LREM du XIXe, Mounir Mahjoubi, qui estime que le dispositif, tel qu’il a été pensé, n’est pas à la hauteur, et Marie Toubiana, élue Changer Paris dans le même arrondissement. Tous deux, le marcheur en tête, avaient saisi la CRC voici quelques mois.

« Il y a plusieurs questionnements, détaille Marie Toubiana. Le premier sur l’attribution de centaines de chambres d’hôtel aux toxicomanes, qui pour beaucoup ne semblent pas les utiliser. L’un d’entre eux ayant récemment été retrouvé mort dans une tente alors qu’il bénéficiait précisément d’un hébergement. Ensuite, nous voudrions connaître le montant exact des sommes allouées aux associations qui viennent en aide aux consommateurs et les résultats de leur travail. Car la situation est dramatique », appuie la Cour des comptes.

5,7 millions d’euros pour l’hébergement des toxicomanes

Selon nos informations, l’enveloppe de 9 millions d’euros, qui aurait déjà été dépassée alors qu’il reste une année d’exercice, aurait essentiellement été utilisée pour l’hébergement des toxicomanes en hôtel. 5,7 millions d’euros y auraient été consacrés, pour un total aujourd’hui stabilisé de 400 chambres. Leur nombre a été porté jusqu’à 440 durant les confinements (contre 60 en 2018, 120 en 2019 et 200 début 2020).

Par ailleurs, 1,5 million d’euros aurait été destiné au renforcement du dispositif des lieux d’accueil de jour. Et 421 000 euros à l’amélioration du matériel de réduction des risques, six nouveaux distributeurs de kits à l’intention des fumeurs de crack ayant été installés, portant à dix leur total.

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