A Paris, les militaires des Invalides devront cohabiter avec les lapins

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Jeannot Lapin, Peter Rabbit et leurs copains à grandes oreilles vont pouvoir continuer à gambader sous les fenêtres du général sur le site militaire des Invalides (VIIe), classé aux Monuments historiques. Et ce pour le plus grand bonheur des touristes qui, de l’aveu d’un capitaine au cabinet du gouverneur militaire, « se prennent en selfie avec! »

Ainsi en a décidé ce jeudi le tribunal administratif de Paris. Toutefois, le sort de cette colonie de lapins de Garenne qui a élu domicile entre le musée de l’Armée, l’hôpital militaire et le tombeau de Napoléon n’est pas totalement scellé. Une audience sur le fonds de l’affaire est prévue dans les prochains mois. La décision actuelle et temporaire fait suite à une requête en référé-suspension déposée dans l’urgence, le 7 juillet dernier, par Paris Zoopolis (PAZ), l’association qui traite des questions relatives à la souffrance animale sur le territoire de la ville de Paris.

Une quarantaine de lapins tués chaque année

Au cœur de cette polémique sur laquelle s’écharpent le préfet de police, les militaires, les amis des animaux et même la mairie de Paris, un arrêté préfectoral classant les lapins en tant que nuisibles, donnant la possibilité de les réguler, c’est-à-dire de « les capturer à l’aide de furets, puis de les euthanasier ». Une quarantaine sont ainsi tués chaque année par les militaires.

Pour les militants de PAZ, cette décision de justice est une nouvelle victoire. L’infatigable Amandine Sanvisens, cofondatrice, ferme le ban : « Nous demandons aux militaires de cohabiter pacifiquement avec les lapins ». Ce qui ne devrait pas être difficile aux yeux de Christophe Najdovski. L’adjoint à la maire de Paris en charge de la condition animale a, lui, saisi officiellement le préfet de police. Pour combattre l’arrêté, il met en avant « les faibles nuisances que produisent les lapins de Garenne ».

Toutefois, à l’audience de mercredi, les avocats du préfet de police ont sorti leurs arguments pour défendre l’arrêté. Selon eux, cette colonie de lapins, considérée comme la plus importante de la capitale après celle du bois de Boulogne, engendre d’importants dégâts, entre pelouses labourées et tuyaux d’arrosage percés. Avec une facture chiffrée « à hauteur de 15 000 euros » pour « une surface de 5 km détruits », d’après le commandant militaire des Invalides.

Des chiffres « sortis de nulle part », s’agace Amandine Sansivens. Hélène Thouy, l’avocate de Paz, enfonce le clou. « Ce sont des affirmations pas du tout étayées. Le préfet est défaillant à apporter les preuves. Pas de quoi convaincre le juge », cingle l’avocate qui se dit « confiante » pour la suite.

Contacté ce vendredi, les services du gouverneur militaire de Paris n’ont pas répondu à nos sollicitations.

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