«Tout un pan de l’histoire qui s’en va» : à Paris, les antennes des studios Cognacq-Jay démontées

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« A vous les studios, à vous Cognacq-Jay » : si la célèbre formule lancée par Léon Zitrone lors des retransmissions télévisées, à la fin des années 1970, n'est plus utilisée depuis belle lurette, elle a en revanche laissé une trace bien visible dans le paysage parisien pendant de nombreuses années.

Sur les toits des numéros 13 et 15 de la rue Cognacq-Jay dans le VIIe arrondissement, le berceau historique de la télévision française depuis 1942, se dressaient de nombreuses paraboles, un symbole très visuel dans ce quartier proche de la tour Eiffel.

De l'ORTF à TF1 puis Antenne 2, France 3, ou TV5

C'est d'ailleurs une riveraine qui nous a alertés par mail de leur enlèvement. « Tout un pan de l'histoire qui s'en va », raconte Elisabeth, ce dimanche, avec une pointe de nostalgie. Même si l'ensemble n'avait pas grande valeur esthétique, ce champ de cylindres réflecteurs d'ondes avait trouvé sa place dans le paysage et même grâce aux yeux des voisins. Sur place dimanche matin, une grue a œuvré pendant quelques heures au démontage d'une dizaine d'antennes paraboliques, transportées ensuite sur un camion plateforme.

Les locaux de la rue Cognacq-Jay ont accueilli les belles heures de la télévision française, de l'ORTF à TF1 puis Antenne 2, France 3, ou TV5, avant que ces chaînes ne disposent de leur propre siège. En juillet 2018, Le Parisien avait fait poser Michel Drucker, qui se souvenait de ses premières nuits dans les studios en 1964, sur le toit du bâtiment.

En juillet 2018, Michel Drucker avait posé pour le Parisien sur les toits du 15, rue Cognacq-Jay, où il avait fait ses débuts. LP/Guillaume Georges En juillet 2018, Michel Drucker avait posé pour le Parisien sur les toits du 15, rue Cognacq-Jay, où il avait fait ses débuts. LP/Guillaume Georges  

« Les paraboles n'étaient plus utilisées depuis cet été. Il n'y a plus aucune activité en lien avec l'audiovisuel dans l'immeuble », confirme-t-on à la mairie du VIIe arrondissement qui n'est pas à l'initiative de l'opération.

Les locaux de Gognacq-Jay Image depuis vingt-six ans

C'est le groupe TDF, un opérateur qui exploitait la diffusion radio et TNT, qui a commandé l'enlèvement. Jusqu'à cet automne et depuis vingt-six ans, les locaux étaient utilisés par une de ses anciennes filiales : Cognacq-Jay Image. « Nous avons déménagé fin septembre à Issy-les-Moulineaux pour des raisons essentiellement économiques », précise Philippe Bonpunt, directeur général de ce « prestataire technique au service des chaînes de télévision ». « Les locaux ont été rendus au propriétaire Amundi à la fin de ce mois de décembre », ajoute la mairie du VIIe.

« Depuis que Cognacq-Jay Image, qui n'appartient plus à TDF depuis janvier 2020, a déménagé, toutes ces antennes ne servaient plus à rien du tout », précise également de son côté le groupe TDF. « Cela ne change rien pour le grand public car elles n'étaient plus utilisées pour les transmissions audiovisuelles. »

Les paraboles des studios Cognacq-Jay étaient hors service depuis plusieurs années. LP/J-.B.Q. Les paraboles des studios Cognacq-Jay étaient hors service depuis plusieurs années. LP/J-.B.Q.  

Si les paraboles ont disparu, d'autres antennes restent en revanche sur le toit et notamment celles qui sont perchées au plus haut, sur un double plateau servi par un escalier en colimaçon. Ces antennes-là assurent en effet la couverture du secteur pour la téléphonie mobile. « TDF souhaite assurer la pérennité de ces antennes sur le toit. Il n'est pas prévu d'en déployer d'autres à court terme », précise la mairie du VIIe. Une (petite) consolation pour les riverains ?

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