Tentative d’extorsion à Paris : relaxe requise pour Marc Hornec, figure du grand banditisme

Il y a 2 semaines 49

Il se paye même le luxe de jouer les bons princes. Alors que la présidente du tribunal de Paris lui demande s’il a un dernier mot à dire, Marc Hornec, 56 ans, s’avance ce mardi après-midi d’un pas tranquille jusqu’à la barre. « Je ne demande rien pour les huit mois que j’ai passé à l’isolement, lâche-t-il d’un ton las. Je veux qu’on me laisse tranquille et oublier tout ça ». Comme un ultime pied de nez à six années d’instruction se terminant, pour l’accusation, en eau de boudin.

D’après les enquêteurs de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, Marc Hornec, présenté lui et ses frères aînés Mario et Jean-Claude comme des figures du grand banditisme parisien, avait participé en mai 2016 à un déjeuner à Paris au cours duquel un dirigeant de PME s’était vu intimer l’ordre de rembourser 550 000 euros à un créancier. « Vaut mieux payer plutôt que de finir dans un coffre », aurait-on menacé le patron.

Même le ministère public a relevé une erreur dans un élément à charge

Mais lors du procès, qui a duré un peu plus d’une semaine, le parquet a reconnu qu’il n’y avait pas d’éléments permettant de poursuivre « le forain » pour la tentative d’extorsion. Lundi, le procureur a donc requis une relaxe à son endroit, estimant que les policiers avaient enquêté avec un « prisme Marc Hornec » en tentant « de le faire entrer dans le dossier ».

Le chemin de croix a commencé dès le premier jour pour l’accusation. La victime avait en effet certifié à la barre, ne pas avoir vu « le forain » lors de ce fameux déjeuner. « Quand on m’a montré sa photo j’ai trouvé qu’il ressemblait à Gérard Depardieu, a expliqué le chef d’entreprise. Je me serais souvenu s’il avait été présent ».

Ce n’était qu’un début. « Les autres prévenus [ils étaient neuf au total et des relaxes ont également été requises à leur endroit, NDLR] se sont empressés de dédouaner le principal prévenu avant même de penser à se défendre eux-mêmes », s’est étonné un observateur lors du procès. Même le ministère public a contribué à fragiliser l’accusation en démontrant que le seul élément à charge concernant un autre prévenu (une histoire de téléphonie mobile) était fondé sur une erreur. Une « probité intellectuelle » assez rare et qui a été saluée comme telle par les avocats de la défense.

« Tout ça pour ça », selon David Cazeneuve, avocat de Marc Hornec

« Tout ça pour ça », a soupiré David Cazeneuve. Selon l’avocat de Marc Hornec, les enquêteurs ont « tout tenté » pour faire condamner son client, « seul fil conducteur de ce dossier ». « En défense, on parle souvent d’acharnement judiciaire, a-t-il souri. Mais quand on crie au loup, parfois, il y a vraiment un loup ». « Un homme banal peut projeter une ombre énorme. Tout dépend de la lumière qu’on met sur lui. »

Le ministère public n’abandonne pas pour autant toutes les poursuites à l’encontre de Marc Hornec. Pour le blanchiment en récidive (près de 150 000 euros de bijoux et de montres avaient été saisis lors d’une perquisition chez « le forain »), il a requis deux ans de prison, 150 000 euros d’amende et la confiscation des biens ». Là aussi pour David Cazeneuve, l’avocat de Marc Hornec, cette accusation a des « colorations de croisade ».

Le jugement a été mis en délibéré au 14 février prochain.

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