PSG : quinze jours pour peaufiner la méthode Pochettino

Il y a 1 mois 44

Le PSG se construit en jouant. Deux semaines après l'arrivée de Mauricio Pochettino, le club de la capitale semble en pleine mutation, soldant l'ère Thomas Tuchel pour entrer de plain-pied dans son nouveau monde. Au terme de matchs peu accomplis, il vient de collecter trois victoires ( dont le petit 1-0 à Angers samedi ) et un nul. Le nouveau staff va désormais s'attaquer au fond, le plus dur.

Deux semaines pour être prêt début février

C'est un luxe inespéré. Le PSG va s'élancer deux fois en dix-sept jours, avant de retrouver une cadence plus infernale. Un match ce vendredi contre Montpellier, une sortie à Lorient pour boucler janvier : avec ce menu plus light et un seul déplacement, Mauricio Pochettino va pouvoir installer plus profondément ses idées et sa méthode même s'il devrait manquer la semaine pour cause d'isolement après avoir été positif au Covid-19 vendredi dernier.

L'Argentin veut transformer les brillants individualistes en collectif. Pour l'instant, le changement, ce n'est pas maintenant. Il ne saute pas aux yeux parce qu'il demande du temps, réclame des efforts et un nouveau logiciel parmi les joueurs. Certains vont s'adapter plus vite que d'autres. Le but du staff est de récolter les premiers fruits de sa méthode début février, pour le déplacement à Marseille, premier gros rendez-vous de l'année en championnat. Paris se rendra ensuite, le 16 février, à Barcelone en 8e de finale de la Ligue des champions et cette fois-ci, il lui faudra disposer d'un fonds de jeu solide et offensif pour voyager plus loin en Europe.

Devenir une équipe

Les séances d'entraînement vont s'organiser ces deux prochaines semaines, afin de resserrer le bloc (l'équipe est déjà moins coupée en deux qu'avant) pour commencer par mieux défendre. Depuis le début de saison, le PSG laisse trop d'occasions à ses adversaires, obligeant Keylor Navas à multiplier les parades. Or un gardien de grand club, c'est normalement un arrêt à effectuer par match selon l'adage des théoriciens. L'ex du Real Madrid est largement au-dessus de cette moyenne.

La faute notamment, et le problème ne date pas d'aujourd'hui, aux joueurs offensifs qui se replient peu ou de manière incomplète, loin des exigences du Liverpool de Jürgen Klopp. Angel Di Maria excelle à faire croire qu'il défend à la perte du ballon avant de disparaître au bout de quelques mètres d'efforts.

Titularisé lors des deux derniers matchs, Paredes part en pôle pour être titulaire au milieu. /LP / Olivier Corsan Titularisé lors des deux derniers matchs, Paredes part en pôle pour être titulaire au milieu. /LP / Olivier Corsan  

« On savait, et c'est de plus en plus visible, qu'il faut les faire courir, analysait samedi soir Stéphane Moulin, pas loin d'un bon coup avec son Angers. Notamment leur premier rideau défensif qu'on avait trouvé relativement performant lors des derniers matchs. Il l'a été nettement moins ce soir. Quand on a joué d'un côté, puis de l'autre et réussi à le faire deux/trois fois de suite, on sentait qu'on pouvait s'engouffrer sur les côtés. On savait que des espaces allaient s'ouvrir sur les ailes, et c'est ce qui s'est produit plusieurs fois, notamment en première mi-temps. Ça implique des efforts défensifs, et évidemment, ces joueurs ne jouent pas pour ça. »

Il faudra également leur redonner le moral. Angel Di Maria et Kylian Mbappé ont perdu leur football, depuis de longs mois pour le premier, depuis quelques semaines pour le second. A l'heure où Neymar revient animé de bonnes intentions, que Mauro Icardi paraît à nouveau un joueur de football crédible, Pochettino et ses hommes vont également s'attaquer au chantier offensif, où le talent ne suffira pas.

Déjà des perdants

Très utilisés sous Tuchel, trois éléments disparaissent peu à peu du décor à mesure du retour des cadres. Mitchel Bakker n'est plus le numéro 1 au poste de latéral gauche, où Layvin Kurzawa a la préférence du coach. Juan Bernat est encore loin de la compétition et le Français possède un boulevard devant lui. En plus, il marque des buts décisifs comme à Angers (1-0), signe d'une confiance qui revient.

Au milieu, dans le 4-2-3-1 dessiné par Pochettino, Neymar est appelé à s'installer en meneur de jeu et Marco Verratti plus bas, comme avant, avec tous ces coachs précédents, de Carlo Ancelotti à Tuchel. Il reste une place pour l'accompagner à la récupération. Après sa blessure à la hanche le 20 décembre à Lille (0-0), Leandro Paredes vient d'enchaîner ses deux premières titularisations en 2021, reléguant Gana Gueye et surtout Danilo Pereira aux seconds rôles. L'international argentin paraît en pôle dans ce secteur hyper-concurrentiel où Ander Herrera s'élance aussi, sans oublier Rafinha, régulièrement titulaire sous Tuchel, mais revenu des vacances avec le Covid.

Nos informations sur le club de la capitale

Là encore, avec seulement un match par semaine, les futurs choix de Pochettino vont renseigner sur la nouvelle hiérarchie de l'effectif. Fini le turnover systématique. Le nouveau staff entend travailler un système avec le même onze le plus souvent possible.

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