Paris: les promesses d’Anne Hidalgo menacées par le coût du Covid?

Il y a 2 semaines 16

Plus de 4 000 places en crèches supplémentaires, une ville 100 % vélo, cinq forêts urbaines, 15 000 nouveaux logements proposés aux classes moyennes et populaires, 30 000 logements sociaux rénovés… Ces promesses de campagne de la candidate Hidalgo (PS), il y a un an, pourront-elles toutes être honorées? En interne, l'inquiétude grandit alors que la majorité municipale est en train de négocier le Programme d'investissement de la mandature (PIM).

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Dès le mois de janvier, un courrier de l'adjoint chargé des finances, Paul Simondon, aux autres membres de l'exécutif a commencé à inquiéter quelques élus. Dans cette missive que nous nous sommes procurée, le Monsieur Budget y évoque un « contexte de crise sanitaire, sociale et économique où les marges de manœuvre financières de la Ville sont réduites et leur évolution encore incertaine».

«Je ne vois pas comment tous les projets promis pendant la campagne pourront voir le jour»

Rigueur et responsabilité sont d'ailleurs les deux maîtres mots qui ont été martelés ce mardi matin lors du comité stratégique budgétaire présidé par Anne Hidalgo elle-même. « Les directions ont toutes reçu des consignes budgétaires très strictes. Avec les chiffres annoncés, je ne vois pas comment tous les projets promis pendant la campagne pourront voir le jour », s'inquiète un directeur de cabinet d'adjoint dans les couloirs de l'Hôtel de Ville. « En matière de santé, je ne vois pas comment, au regard de la crise sanitaire, le budget pourrait être réduit », avertit déjà Anne Souyris, adjointe (EELV) en charge de la santé publique, de la santé environnementale, de la lutte contre les pollutions et la réduction des risques.

D'ores et déjà, de vieux projets semblent menacés. « J'attire votre attention sur les projets d'investissement lancés ou simplement arbitrés pendant la précédente mandature. Si la plupart d'entre eux doivent être poursuivis, certains peuvent néanmoins être devenus obsolètes, moins adaptés aux objectifs de mandature ou simplement moins prioritaires. Vous pourrez, après analyse des coûts déjà engagés, proposer leur réorientation, voire leur abandon afin de dégager de nouvelles marges budgétaires », proposait ainsi dès le début de l'année l'adjoint chargé des finances à ses collègues de l'exécutif.

Quels anciens projets passeront à la trappe ? Quelles promesses de la campagne 2020 pourraient être revues à la baisse ? Le Monsieur Budget de l'Hôtel de Ville est plutôt évasif.

Les arbitrages sont en cours

« Les choix sur l'investissement, nous les annoncerons dans le cadre du Programme d'investissement de la mandature. Nous sommes encore en train de discuter, d'arbitrer pour hiérarchiser et de porter les projets les plus importants qui sont essentiels dans les objectifs de la mandature sur le plan climat, la priorité aux quartiers populaires… » rétorque sans plus de précision Paul Simondon.

« Ce qui est vrai, c'est que la situation sanitaire a un impact très fort sur les finances de la ville. En 2020, le coût s'est élevé à 800 millions d'euros. Et il n'y a aucun mécanisme mis en place par l'Etat pour venir compenser les pertes de recettes », préfère rappeler Paul Simondon. « Le soutien aux collectivités est très faible. Et pour l'instant, le gouvernement n'a pas mis en place de cadre de discussion sur le plan de relance. Alors qu'aux Etats Unis, avec le plan Biden, New York reçoit 6 milliards de dollars en plus de ce que reçoit l'Etat de New York. Nous, à Paris, nous n'avons aucune visibilité », regrette l'adjoint chargé des finances.

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