Paris : la résistante Madeleine Riffaud, 98 ans, dit avoir passé 24h sur un brancard à l'hôpital Lariboisière

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Elle témoigne pour dénoncer la situation de l'hôpital public. La résistante Madeleine Riffaud raconte dans une lettre ouverte adressée au directeur de l'AP-HP, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, le calvaire qu'elle dit avoir vécu lors de son passage aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris le 4 septembre dernier. L'ancienne journaliste de guerre affirme être "restée sur un brancard 24 heures sur un brancard, sans rien manger, dans un no man's land".

Transportée à l'hôpital pour un examen lié à un covid long, Madeleine Riffaud arrive sur place à midi et demi. Elle raconte s'être "retrouvée couchée au milieu de malades qui hurlaient de douleur, de rage, d'abandon" et avoir dû attendre 12 heures pour obtenir "la moitié d'un verre d'eau tiède". L'ancienne journaliste de guerre, âgée de 98 ans et aveugle, raconte le froid, la faim et des infirmières débordées qui courent partout. "Elles distribuaient des « J’arrive ! » et des « ça marche ! » « J’arrive, j’arrive ! ». Mais personne n’arrivait. Jamais."

Madeleine Riffaud a finalement été transférée au bout de 24 heures dans une clinique privé, sans qu'aucun de ses proches ne soit prévenu. Une situation qu'elle a tenu à raconter pour témoigner de la situation de l'hôpital public et être la voix de tous ceux qui ne peuvent pas la faire. "Ma mésaventure, c’est une histoire quotidienne dans l’hôpital en France. Mon sort est celui de millions de Parisiens et de Français."

L'APHP lui répond

Dans un communiqué publié mardi, l'AP-HP répond à ces accusations à retraçant le parcours de la nonagénaire. "Elle a été accueillie par l’infirmière d’accueil et d’orientation, enregistrée dans le circuit de prise en charge du service puis auscultée par le médecin senior à 12h25, lequel lui a prescrit un certain nombre d’examens. Les prélèvements biologiques ont été réalisés à 12h43 et un scanner a été effectué à 17h25. Dans la soirée, la patiente a été transférée dans le secteur d’hospitalisation de courte durée des urgences. Le 5 septembre au matin, après l’examen clinique du médecin, la patiente a été transférée vers un autre établissement de santé adapté à sa situation médicale".

Précisant que "des gestes techniques, de soins et de surveillance ont ainsi été dispensés à la patiente de façon régulière tout au long de sa prise en charge", l’AP-HP dit, enfin, "regrette(r) très sincèrement la façon dont la patiente a vécu sa prise en charge et le fait qu’elle ait eu le sentiment d’avoir été insuffisamment accompagnée. Nous nous attacherons à clarifier rapidement et complètement les conditions dans lesquelles elle a été informée et accompagnée tout au long de sa présence à l’hôpital Lariboisière AP-HP."

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