Paris : de timides avancées après l’agression au couteau devant le lycée Bergson

Il y a 4 jours 8

Une réunion en demi-teinte, mais quelques avancées. Une semaine après l'opération « lycée Bergson mort », organisée le 5 janvier dernier, personnel et parents d'élèves de cette grande cité scolaire parisienne située rue Edouard-Pailleron (XXe), en lutte pour l'amélioration des conditions de travail, a été reçue mardi soir au rectorat.

Tous sont encore sous le choc de la terrible agression au couteau d'un élève du lycée Rabelais (XVIIIe), survenue au mois d'octobre devant la cité. Un élève qui étudie temporairement à Bergson. Car ce dernier établissement accueille plusieurs centaines d'élèves de celui de la porte de Clignancourt, fermé pour raisons de sécurité. Sauf que des tensions existent entre jeunes des deux lycées, qui entretiendraient une obscure rivalité.

L'agresseur présumé, âgé de 17 ans et scolarisé à Bergson, a été mis en examen pour « tentative d'homicide » quelques jours plus tard. Mais ses motivations n'ont pas été clairement identifiées. Seule certitude, les enseignants avaient fait savoir à de nombreuses reprises leur inquiétude de voir cohabiter des jeunes issus de quartiers « voisins mais rivaux ».

Peu d'assurances fermes et chiffrées

Surpeuplée avec près de 2000 élèves, minée par les incivilités et parfois la violence, la cité scolaire Bergson qui accueille collège et lycée a dressé une très longue liste de doléances, obtenu peu d'assurances fermes et chiffrées… et reçu d'emblée, selon les enseignants, « un mauvais signal ».

« Rabelais, au motif que ses élèves ne sont pas amenés à rester ici, n'a pas été admis à la réunion, déplore une enseignante de Bergson. Le rectorat les recevra ultérieurement. Après le drame du mois d'octobre et les problèmes qui subsistent, nous aurions souhaité plus de coordination entre les deux entités. Quant au départ espéré des lycéens de Rabelais, nous sommes dubitatifs. Les travaux de leur établissement n'ont toujours pas commencé ! »

Le rectorat s'est, en revanche, montré sensible aux risques psychosociaux pointés sans relâche par le personnel de la cité scolaire, tout comme à « l'absence de communication avec la direction ». Un audit interne, baptisé « enquête de climat scolaire », doit être prochainement mené. Une bonne chose, selon les enseignants de Bergson, qui affirment que sur les 32 critères de risque établis par l'Education nationale, l'établissement en coche une vingtaine.

Les enseignants réclament moins de 30 élèves par classe

Les postes de CPE supplémentaires demandés, eux, n'ont pas été acceptés, et les dotations horaires supplémentaires restent encore en suspens. « Nous attendons de voir ce qui sera proposé, mais il est évident que c'est un réel besoin, dans un établissement qui affiche les pires résultats au brevet et au bac de l'académie, soutient une enseignante. Pour ces élèves, que nous souhaitons accompagner au mieux, il est important que nous puissions travailler avec des effectifs inférieurs à 30 jeunes par classe. »

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