Lyon-PSG, le débrief tactique : la victoire parisienne décryptée par Guy Lacombe

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Ancien entraîneur du PSG entre 2005 et 2007, Guy Lacombe (65 ans), décrypte la victoire du PSG dimanche soir à Lyon (4-2). « Voilà ce que j'ai ressenti », nous dit-il avant de s'expliquer.

Le mental : « Peut-être que Lyon s'était mis dans le rôle de favori ». « C'est une victoire tactique mais je ne sais pas si Lyon n'avait pas trop fait le match avant… Après, peut-être que Lyon s'était mis dans le rôle de favori aussi. Ce que le Français n'aime pas beaucoup (rires)! Mais ça, ce sont des choses qu'un entraîneur, qui pourtant connaît bien ses joueurs, ne maîtrise pas. Parce que je ne pense pas que Lyon a été surpris par Pochettino ou Paris. Verratti en numéro 10, ça fait un moment qu'il le fait. Les Parisiens ont fait un très très bon match. Mais le match qu'on attendait. En revanche, en première mi-temps, on ne peut pas dire que c'était du grand Lyon. »

L'intensité : « Paris a retrouvé du peps ». « Ce qui m'a vraiment marqué c'est l'intensité que les Parisiens ont mise, la qualité du contre-pressing. Je crois que Pochettino est en train de bonifier la qualité de chaque joueur. Il a repositionné un petit peu un schéma clair aux yeux des joueurs. Après, je connais quand même la musique et je sais que c'est toujours un peu comme ça, parce que ce qu'ils faisaient avec Thomas Tuchel, ça n'était pas n'importe quoi non plus. Mais, effectivement, sur le plan physique, Pochettino fait travailler un peu plus les garçons. Paris a retrouvé du peps. Ça, c'est clair. A l'image de Mbappé. Dimanche on a vu un Mbappé vraiment en jambes! C'est du grand Mbappé là! Quand il est au top, honnêtement Paris a une autre allure. »

La patte Pochettino : « Tout le monde travaille ». « Sur le plan du jeu, de l'organisation, Pochettino a fait du Pochettino. C'est vrai qu'actuellement l'équipe tourne bien comme ça. Entre le match aller du Barça et celui-là, on voit bien qu'il y a quelque chose. Après, il fait quelques réajustements : il met Kean à droite à Barcelone, là dans l'axe. Surtout, tout le monde travaille. Après, il y a un duo Gueye-Danilo vraiment intéressant. Avec Verratti en plus. Quand vous voyez qu'il y a encore Paredes derrière… Il avait choisi les hommes par rapport à ce match-là. Ils lui ont donné raison. Mais ça, c'est le rôle du coach et avec la carrière qu'il a faite, on peut lui faire confiance. Peut-être que le prochain match, il va jouer différemment parce qu'il étudie beaucoup l'adversaire. Il sait pertinemment ce qui fera mal. Et c'est vrai que le PSG, quand il est comme ça, il fait mal. »

L'articulation défensive : « Ils avaient bien travaillé la couverture ». « Franchement, au début de la partie, on attendait que les buts. Quand on voit le déboulé de Mbappé sur la gauche dès la 6e minute et ce caviar donné à Kean… Waouh ! Là, ils étaient au très haut niveau, indéniablement. Ils n'ont pas raté leur match quoi. Ils étaient à 100 %. Je crois que Paris craignait peut-être un peu les côtés de Lyon. Et on a vu les deux axiaux allaient chercher sur les côtés. Mais il y avait toujours soit Danilo, soit Gueye, pour venir dans l'axe et couvrir ça. Ils avaient bien travaillé la couverture. Et là, vous êtes costauds. Et vous récupérez de bons ballons. Il y a ça mais aussi la maîtrise qu'ils ont eue avec le ballon. On n'a pas senti le Paris du match retour face à Barcelone. On a senti celui du match aller. On voit combien le côté psychologique de chaque partie est important. La seule chose c'est qu'à 4-0, il y a une démobilisation et, ça, Pochettino ne va pas manquer de l'exploiter (rires). »

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