Ligue 1 : le Covid plombe les comptes du PSG et de l’OM

Il y a 4 jours 11

Par Frédéric Gouaillard et Harold Marchetti (avec D.S.) 

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12 janvier 2021 à 14h19

, modifié le 13 janvier 2021 à 09h07

C'est un chiffre qui témoigne de la crise financière que traverse aujourd'hui le football français. Selon nos informations, le Paris Saint-Germain a estimé ses pertes pour la fin de la saison à 300 millions d'euros. Ce montant sera minoré par les éventuelles ventes qui pourraient être réalisées lors du mois de juin, mais avec un marché revu à la baisse et la dévaluation du prix des joueurs, le club de la capitale ne prévoit pas de cessions records.

Ce chiffre à donner le tournis entre en résonance avec celui avancé par Jean-Marc Mickeler, le président de la DNCG, en décembre dernier. A l'époque, le responsable du gendarme financier du foot français avait expliqué que les clubs de L1 se dirigeaient vers des pertes records. « Dans leur budget initial, les clubs avaient estimé à 250 millions d'euros leurs pertes au terme de la saison en cours. Dans les faits, celles-ci seront probablement plus proches de 800 millions en Ligue 1 », avait-il décrypté.

On sait donc que dans ces 800 millions d'euros plus d'un tiers sera imputable au champion de France en titre même si le club de la capitale dément le chiffre de 300 M€ et affirme que le montant est en dessous. Ceci dit, il s'agit de pertes XXL. Et cela n'a rien d'étonnant quand on sait que le club de la capitale a une base de coûts très importante avec une masse salariale parmi les plus imposantes d'Europe. Le club parisien a déclaré la troisième masse salariale la plus élevée du continent en 2018, avec 337 millions d'euros de masse salariale, juste derrière le total des émoluments versés par le FC Barcelone (529) et le Real Madrid (431).

Déjà des pertes importantes la saison passée

Le problème pour Paris, c'est que les versements de ses salaires ne sont plus compensés par des revenus jusqu'ici à la hausse, mais aujourd'hui fortement impactés par la crise du coronavirus avec l'absence de billetterie, le versement des droits TV suspendu, et des recettes de sponsoring en baisse. « Sans réduction drastique de la masse salariale, il n'y a pas de pérennité du modèle », décryptait Mickeler en décembre en faisait référence au modèle économique des clubs de Ligue 1. Ce qui vaut pour tous les clubs français vaut aussi pour le PSG où l'on se souvient que les joueurs avaient refusé de discuter d'une baisse des émoluments lors du premier confinement.

Aujourd'hui le club détenu par le Qatar fait partie de ces entités détenues par un propriétaire richissime et n'a donc pas d'inquiétudes à nourrir sur son avenir immédiat. Mais la dégradation des comptes est prise au sérieux par les dirigeants du club de la capitale qui n'ont prévu aucune dépense importante pour des achats de joueurs lors de ce mercato d'hiver. Au mieux, le PSG envisage de recruter des joueurs libres ou de favoriser des prêts comme en septembre et octobre derniers. La situation est d'autant plus critique que le club de la capitale déplore déjà des pertes importantes liées à la saison dernière et à l'arrêt du championnat de L1.

Celles-ci avoisineraient les 100 millions d'euros, et le cabinet d'audit et de conseil, KPMG, évoquait même ce lundi un déficit de 125 millions pour l'exercice 2019-2020. On sait que l'UEFA a assoupli les règles du fair-play financier en juin dernier. En clair, les saisons 2019-2020 et 2020-2021 vont être analysées ensemble et les diminutions de recettes liées au Covid-19 seront prises en compte. Mais avec près de 400 millions d'euros de pertes cumulées – si les estimations les plus pessimistes se confirment – le PSG ne peut pas se permettre de dépenser sans compter lors des mercatos actuels et à venir.

L'OM va devoir réduire sa masse salariale

De son côté, l'OM estime, lui, ses pertes à 150 millions avant mercato. Son parcours, même mauvais en Ligue des champions, lui a permis de réduire un tant soit peu son prochain déficit. Mais le club phocéen également plombé par la pandémie et ses effets néfastes sur les recettes, va devoir réduire sa masse salariale. Comme l'ont indiqué le président Jacques-Henri Eyraud et le directeur du football Pablo Longoria, l'OM ne retiendra aucun joueur, et surtout pas ses joueurs les plus bankables comme Kamara, en cas d'offre intéressante.

Nos informations sur le club de la capitale

De la même manière, les dirigeants marseillais ne se pressent pas pour faire des propositions concrètes dans les dossiers de prolongation liés entre autres aux fins de contrat de Florian Thauvin ou Jordan Amavi. Du côté de l'OM, l'urgence est plutôt d'attendre et de mesurer les conséquences économiques de cette pandémie hors norme et les effets du Brexit.

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