«La place de la Concorde est très dégradée» : les Parisiens déplorent un manque d’entretien

Il y a 1 semaine 17

Dans la contre-allée du jardin des Ambassadeurs, qui longe le bas des Champs-Elysées (VIIIe), sous une halle métallique 1900, un sans-abri dort à même le sol, dans un sac de couchage. Vingt mètres plus loin, quatre valises sont empilées à côté de deux tentes et de quelques chaises en plastique… Bienvenue au campement des sans-logis installé sur la plus belle avenue du monde « depuis deux ou trois ans », selon Monique, la kiosquière qui vend des crêpes et des hot dogs juste à côté. « C'est catastrophique! », s'exclame Maeva, venue admirer la vingtaine de statues du Chat du dessinateur Philippe Geluck, exposées à deux pas.

Un manque de travaux ?

« Il y a un peu de laisser-aller dans l'entretien des jardins au bas des Champs-Elysées. Il manque des arbres, certaines allées semblent à l'abandon, il y a parfois des trous dans les pelouses », constate Pedro, cadre dans l'immobilier qui travaille dans le quartier.

« Sur l'avenue comme sur la place de la Concorde, les trottoirs sont abîmés, des pavés sont disjoints ou cassés. Pourquoi ne pas profiter du confinement pour effectuer les travaux nécessaires ? », s'interroge ce quadragénaire, qui accorde tout de même un satisfecit à la Ville, pour « l'aménagement réussi des pistes cyclables ».

Dans le jardin des Ambassadeurs (situé entre l'avenue Gabriel et les Champs), où s'épanouissent des primevères fraîchement plantées, les Parisiens sont tout de même nombreux à déjeuner d'un sandwich sur les bancs, tout en profitant d'un rayon de soleil. A l'instar d'Alain, pharmacien dans le XIIIe, qui affirme « se reposer » avant d'aller voir les Chats de Geluck. « Il manque des poubelles », observe néanmoins Pierre.

Trottoirs et chaussée à refaire

Au pied des chevaux de Marly, qui marquent l'entrée des Champs-Elysées, un feu tricolore fait grise mine, rafistolé avec du ruban adhésif ! A part ça, la plus grande place de Paris (8,64 hectares) au centre de laquelle trône depuis 1836 l'obélisque de Louxor, a gardé son lustre XVIIIe siècle.

Place de la Concorde (Ier), il y a des trous dans la chaussée. LP/Philippe Baverel Place de la Concorde (Ier), il y a des trous dans la chaussée. LP/Philippe Baverel  

Si les deux fontaines monumentales fonctionnent bien, Antoine, barman de 56 ans au chômage partiel depuis cinq mois à cause de l' épidémie de Covid-19, remarque en désignant du doigt la sculpture à l'effigie de Strasbourg devant l'hôtel de la Marine, tout juste restauré : « Les statues représentant les huit principales villes de France, aux quatre coins de la place, sont sales, elles ne sont pas entretenues. »

Davantage de verdure

Habitant dans une loge en rez-de-chaussée rue de Rivoli, ce quinqua qui promène son yorkshire, dresse un tableau plutôt sombre de la situation : « La place de la Concorde est très dégradée. Il y a des trous partout sur les trottoirs, des nids-de-poule sur la chaussée… » Chimiste de 24 ans, Anna renchérit : « Le bitume est un peu craquelé. Comme il y a moins de circulation désormais, pourquoi ne pas étendre le jardin des Tuileries ? »

Retraitée de la sidérurgie, Odile, 69 ans, s'indigne face à la douzaine de voitures et camionnettes garées apparemment sans autorisation, sur un terre-plein en face de l'hôtel de la Marine : « C'est un parking maintenant, la place de la Concorde ? Pourquoi est-ce que la municipalité ne met-elle pas un peu de verdure sur cette place monumentale ? »

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