Ile-de-France: le Covid repousse le procès des braqueurs de supermarchés

Il y a 2 semaines 15

Une fois encore, le Covid-19 a contraint la cour d'assises des Hauts-de-Seine à reporter un procès. Avec une conséquence directe et immédiate sur les deux hommes qu'elle devait juger à partir de ce mardi : ils sont repartis en détention en attendant l'ouverture des débats, prévus désormais en novembre prochain.

Il y a dix jours, c'est un policier escortant d'autres accusés qui avait été diagnostiqué positif au coronavirus. Ses collègues et surtout les accusés devenus cas contact, impossible de poursuivre l'audience. Une suspension de quelques jours, le temps de l'isolement des cas contact et des dépistages, avait été écartée car, justement, le procès de deux braqueurs présumés débutait ce 6 avril.

Ils auraient sévi à Paris, dans le 92, le 94 et le 91

Il n'aura duré que quelques heures, le temps d'acter le renvoi de l'audience et de décider de remettre ou pas les accusés en liberté jusqu'au mois de novembre. Les magistrats ont longuement délibéré mais c'est non.

Loris B. et Fessal A., respectivement 34 et 38 ans, en détention provisoire depuis plus de trois ans, ont rejoint leur cellule pour sept mois supplémentaires. C'est la deuxième fois qu'une telle décision est prise à leur encontre. Ils devaient en effet être jugés à la fin de l'année dernière mais là encore, le Covid a perturbé le calendrier judiciaire.

Ces deux hommes, deux copains du sud des Hauts-de-Seine, répondent d'une série de braquages ou tentatives de braquage, commis entre octobre 2016 et juillet 2017 à Malakoff, Vanves, Châtenay-Malabry, mais aussi à Paris, dans les XIIIe et XXe arrondissements, ainsi que dans le Val-de-Marne, à Choisy-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges, Champigny-sur-Marne et au Kremlin-Bicrêtre, et en Essonne, à Draveil.

Intéressés seulement par les coffres et distributeurs de billets

Selon les conclusions de l'instruction, l'un des deux accusés aurait ponctuellement agi avec un troisième homme, Walid B., en cavale depuis bientôt quatre ans. L'équipe ne visait que les supermarchés, en particulier les magasins de l'enseigne Intermarché.

Ce ne sont pas les tiroirs-caisses qui les intéressaient. Seulement les coffres-forts et, le cas échéant, les distributeurs de billets installés à l'entrée des magasins. Il faut dire que leur premier braquage réussi leur a permis de rafler quelque 36 400 euros. C'était à l'Intermarché de la rue de Vitruve, dans le XXe arrondissement de Paris, le 13 novembre 2016.

Ceux que l'accusation retient comme étant Loris B. et Fessal A. ont surpris le vigile alors qu'il baissait la grille du magasin. Casqués, cagoulés, gantés, ils l'ont menacé avec une arme de poing pour s'engouffrer dans le magasin.

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Des employés étaient encore à l'intérieur, affairés à fermer boutique. Le distributeur de billets, qui devait être rechargé, était ouvert. L'un des deux malfaiteurs a exigé les billets, s'est fait accompagner au coffre-fort. Et le duo a disparu, sur scooter TMax avec lequel il était arrivé.

Deux heures plus tôt, les braqueurs avaient tenté l'Intermarché de l'avenue de la Division-Leclerc, à Châtenay-Malabry, là encore au moment de la fermeture. Mais les employés ont réussi à leur fermer la porte au nez. Qu'à cela ne tienne, ils y retourneront deux mois plus tard, pour un butin de 5 000 euros.

En tout, plus de 160 000 euros de butin

Cette équipe de braqueurs, a priori bien renseignée sur les horaires, les habitudes des employés et le nombre de coffres, enchaînait les braquages, parfois jusqu'à trois en moins d'une heure, avant une pause de plusieurs semaines. Ainsi, le lendemain de Noël 2016, se sont-ils concentrés sur deux magasins de jouets parisiens. À 10 heures, ils se sont fait accompagner au coffre d'une boutique Toys'R'Us. Trente minutes plus tard, même scénario à La Grande Récré. Trente minutes, 30 000 euros.

En tout, le butin des braquages reprochés s'élève à plus de 160 000 euros. Les enquêteurs de la PJ 92 ont mis plusieurs mois à identifier Loris B. et Fessal A. Mais voilà, leur mode opératoire, les braquages enchaînés le même jour, le fait que les boutiques ciblées se trouvent dans le même secteur géographique rappelaient une équipe très active arrêtée dix ans plus tôt pour une trentaine de braquages similaires.

Ils étaient alors quatre, dont Loris B. et Fessal B. Dès lors, les investigations se sont concentrées sur eux et ils ont été arrêtés fin juillet 2017 pour le premier, en mars 2018 pour le second. Aux enquêteurs comme au juge, ils n'ont jamais décroché un mot pour s'expliquer. Tous deux nient. Mais ce mardi, ils promettaient de s'exprimer… quand leur procès s'ouvrira enfin.

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