Environnement : la Ville de Paris se joint à une action en justice contre Total

Il y a 1 semaine 44

Sale journée pour TotalEnergies ! Alors que son PDG Patrick Pouyanné faisait face, dans le courant de la matinée ce mercredi, aux questions des députés en plein débat sur la taxation « superprofits » des entreprises pétrolières ou gazières, le groupe français était, quelques heures plus tard, au centre d’une attention judiciaire qui prend de plus en plus d’ampleur. La mairie de Paris, mais aussi celles de Poitiers et New York (USA), ainsi que l’ONG Amnesty International, ont annoncé rejoindre la coalition d’associations et de collectivités locales parties en guerre contre la compagnie pétrolière et gazière française.

L’arrivée de la Ville de Paris dans la bataille, officialisée par les avocats de la coalition lors d’une audience devant le tribunal judiciaire de Paris, doit donner un peu plus de poids à une procédure qui risque de prendre des mois avant d’aboutir, entre intransigeance des uns et multiples recours des autres. Lancée en janvier 2020 par l’association Notre Affaire à Tous, rejointe depuis par France nature environnement ou les Eco-Maires, elle vise à imposer à TotalEnergies, par voie de justice, de reconnaître les risques générés par ses activités mais aussi et surtout de forcer l’entreprise à adopter un plan d’actions de baisse d’émissions de gaz à effet de serre compatibles avec les objectifs climatiques internationaux.

« Personne ne peut s’exonérer d’un effort »

« Tous les signaux sont au rouge, insiste ainsi la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, dans un message vidéo publié ce mercredi à l’adresse de l’entreprise. L’accord de Paris doit être absolument respecté. Ce procès est important car il oblige un acteur majeur de l’énergie, via une action symbolique et collective prenant le relais de l’inaction de l’État, à opter pour une trajectoire solide. »

« Personne ne peut s’exonérer d’un effort qui incombe à tous, renchérit son premier adjoint Emmanuel Grégoire. Certains jouent le jeu, d’autres non, comme Total, premier émetteur français de gaz à effet de serre, bien décidé à continuer de profiter le plus longtemps possible d‘énergies polluantes comme d’une rente de situation. Il est utile que la justice y mette son nez alors que le groupe continue d’investir dans des projets néfastes pour l’environnement, pipeline en Tanzanie ou extraction de gaz de schiste en Argentine. »

Total assure agir pour l’environnement

Contacté, le groupe pétrolier « regrette la démarche contentieuse engagée » et « considère que son engagement concret et massif dans les énergies renouvelables et l’électricité apporte une réponse bien plus efficace à l’enjeu climatique que la voie du contentieux ». Et de rappeler, de manière très ciblée, quelques-unes de ses initiatives.

« À New York, TotalEnergies a annoncé en février qu’elle développera une ferme éolienne d’au moins 3 GW de capacité de production, explique un porte-parole du groupe. Soit la fourniture en électricité de l’équivalent d’un million de foyers d’ici 2028. À Paris, TotalEnergies opère le réseau public Bélib’, bornes de recharge publiques pour véhicules électriques, avec 2 300 points alimentés à 100 % en électricité renouvelable. La compagnie s’est également engagée dans la reconversion de la flotte de bateaux-mouches pour les passer en moteur électrique mais aussi dans le développement du premier opérateur de taxis à hydrogène. »

Si la coalition reconnaît la mise en place d’un plan environnemental de la part du groupe, visant à la neutralité carbone en 2050, elle s’estime toutefois « en droit de demander à la justice de vérifier si l’engagement est pris au quotidien par des actions concrètes visant effectivement à poursuivre cet objectif. » Le prochain rendez-vous entre les deux parties, face-à-face devant un tribunal, n’a pas encore été fixé.

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