Emmaüs ouvre un deuxième espace bien-être à Paris

Il y a 1 semaine 64

Le décor de bois clair, à la fois sobre et lumineux. Les rayons impeccablement rangés, dont les ardoises vous guident de soins du corps en shampoings, du maquillage aux produits de rasage, des crèmes pour épidermes fragilisés ou les peaux de bébé. Le petit coin salon de coiffure… L’endroit rappelle cette petite boutique du quai de Valmy (Xe), ouverte il y a tout juste un an sous l’enseigne inédite « Emmaüs Beauté et Bien-être ». Et pour cause.

Le succès de cette première est telle, l’enjeu si important, que l’association Emmaüs Solidarité et ses partenaires depuis douze ans, la fondation L’Oréal et le groupe mondial numéro 1 de la cosmétique, ouvrent un deuxième espace à quelques pas de la porte de Saint-Ouen.

Même concept, même philosophie. Dans cette boutique en apparence classique, la différence est à la fois dans l’accueil et la facture. 100 % individualisé pour le premier, zéro euro pour la seconde. Ouvert sur le quartier, l’espace est néanmoins exclusivement dédié aux personnes accompagnées et hébergées par Emmaüs Solidarité.

L’estime de soi, un essentiel de l’insertion

Passé le seuil de cet espace de 130 m2 de plain-pied, chacun met de côté la rudesse de la vie pour se laisser « cocooner », ou simplement se faire plaisir en choisissant, une fois par mois, trois soins de qualité. « C’est important d’avoir un lieu où dire aux gens qu’ils ont le droit d’avoir le choix, souligne Sarah Marchal, la coordinatrice des deux boutiques. On demande aux gens de s’insérer, mais s’ils ne sont pas bien dans leur peau, ils ne peuvent pas. L’estime de soi vient compléter le travail social. »

C’est le pilier du « concept » qui mobilise Emmaüs Solidarité et ses partenaires. « Eux et nous sommes convaincus que l’estime de soi n’est pas secondaire mais essentielle », insiste Lotfi Ouanezar, directeur général adjoint d’Emmaüs Solidarité. « Ceux qui viennent ici le font pour plusieurs raisons : c’est beau, rassurant, non stigmatisant, ils peuvent être conseillés, choisir des produits de qualité selon leurs besoins… D’ailleurs, nous cherchons à recruter un barbier, car la première boutique a révélé que 38 % des bénéficiaires sont des hommes. C’était un peu une surprise, nous devons répondre à la demande. »

« Pour nous, c’est important de mener une action en résonance avec notre raison d’être, insiste en écho Élodie Bernadi, directrice du développement durable de L’Oréal France. Tout ce que l’on a envie de faire, c’est nourrir cette raison d’être. »

Une troisième boutique en 2023

Cette deuxième boutique, lancée depuis ce jeudi, s’ouvrira à court terme aux bénéficiaires d’autres associations d’entraide. « À cette époque où le pouvoir d’achat baisse dramatiquement, c’est important. Et nous l’ouvrirons aussi aux étudiants précaires », annonce Lotfi Ouanezar.

Rue Bernard Dimey (XVIIIe), jeudi matin.  Juana, mère de famille Vénézuélienne de 28 ans, savoure sa chance de choisir librement "des porduits de qualité. J’adore le maquillage, s’excuse-t-elle presque dans un sourire. J’ai pris un soin visage, un peu de poudre et de la lotion pour mon mari... "

Rue Bernard Dimey (XVIIIe), jeudi matin. Juana, mère de famille Vénézuélienne de 28 ans, savoure sa chance de choisir librement "des porduits de qualité. J’adore le maquillage, s’excuse-t-elle presque dans un sourire. J’ai pris un soin visage, un peu de poudre et de la lotion pour mon mari... "

Les petits « plus » du nouvel espace ? L’accueil des petits, le temps d’un rendez-vous de coiffure ou d’un atelier de socio-esthétique pour les mamans. « C’est l’autre nouveauté, souligne Sarah Marchal. Ici, nous avons pu dédier une salle aux ateliers collectifs de socio-esthétique, chaque vendredi matin sur rendez-vous. »

Le salon de coiffure accueille quant à lui les lundis et mercredis après-midi, également sur rendez-vous, et la boutique est ouverte chaque jour de semaine. Son équipe s’apprête à recevoir un public plus nombreux encore que dans la pionnière du Xe.

« En un an, nous avons eu 1 500 passages, soit environ 600 personnes régulières, précise le directeur adjoint. Cela représente 5 000 produits distribués… Ici ce sera beaucoup plus. » Emmaüs Solidarité travaille déjà à un troisième lieu dès 2023, et surtout « nous voulons essaimer, en Île-de-France et en France », espère Lotfi Ouanezar.

17, rue Bernard-Dimey (XVIIIe). Du lundi au vendredi, renseignements et rendez-vous au 01.42.63.00.98.

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